Le Baitcasting

Comment pêcher ? Commentaires fermés sur Le Baitcasting

Si à la question « pourquoi débuter au baitcasting ? » de nombreuses réponses ont été apportées, le « comment » est souvent vaguement abordé voire complètement laissé de côté.
Voici de quoi convaincre les (encore) trop nombreux « timides » de se lancer dans la grande aventure de la « canne à l’envers » dit moulinet casting…

Malgré toute la bonne volonté du monde, il est vain de vouloir aborder la mise en oeuvre d’une telle technique sans d’abord en énoncer les points positifs.
Voici un rapide passage en revue des avantages que l’on peut avoir à utiliser un équipement baitcasting (avec moulinet à tambour tournant) plutôt qu’un matériel spinning (classique…avec moulinet à tambour fixe) lorsque l’on pêche aux leurres.

Un matériel apparemment léger (petites cannes, moulinets compacts…) capable de venir à bout de quasiment n’importe quel poisson.
Un « toucher » de leurre unique.
Un éventail de lancers plus précis et plus discrets qu’en spinning.
Bref, j’en passe et des meilleurs, pour résumer : Le baitcasting…c’est mortel !!

Maintenant…pour le pêcheur habitué depuis toujours à entendre claquer son pick up, devoir pêcher avec une canne dont les anneaux sont répartis sur le dessus du blank avec en prime un moulinet « comme dans l’temps » et un drôle d’ergot sous la poignée…c’est pas forcément gagné…

Pas d’inquiétude cependant, avec un peu de patience, d’apprentissage et quelques conseils c’est un monde où la pêche est chaque jour une redécouverte qui s’offre à vous !

Le matériel

A l’heure actuelle le marché déborde de cannes et de moulinets plus performants les uns que les autres et tout baitcaster converti se tourne tôt ou tard vers ces produits…pour l’heure contentons nous de choisir un matériel passe partout et d’un niveau de gamme raisonnable.
La puissance des cannes exprimée selon leur action va du « light » ou plus couramment « medium light » au « extra heavy » pour les conditions les plus extrêmes.
pour débuter, une canne « medium heavy » (10 -28 g) va nous permettre d’avoir de bonnes sensations tant au niveau du lancer que de la conduite des leurres. (daïwa procyon MH 2 brins, sakura trinis MH 1 brin…).

Un moulinet de bonne qualité est un plus pour faire ses premières armes (abu garcia c3, sakura furtivo, shimano citica…) mais il est tout à fait possible de débuter avec un moulinet d’entrée de gamme même si une fois la phase d’apprentissage passée on ressent vite le besoin de pêcher avec autre chose.

Pour ce qui est du fil, là mieux vaut ne pas lésiner sur le diamètre…40/100 c’est très bien, ça permet de défaire les inévitables perruques du débutant plus facilement et ça n’entrave en rien le lancer des leurres. En revanche évitez de remplir entièrement votre bobine et évitez le dernier fluorocarbone japonais à 25 euros les 150 mètres et préférez un fil bon marché puisqu’il pourrait souffrir dès les premières minutes…

Fixez au bout de la ligne un leurre d’un poids rejoignant la tranche haute de la puissance de la canne (plus près des 28 g que des 10 g…) comme un spinnerbait ou un jig et…….roulement de tambour (tournant…)…..vous êtes fin prêt.

Le grand saut

D’aucuns vous dirons qu’il est bon de s’entraîner à lancer dans son jardin avant de tenter l’aventure…je pense pour ma part que rien ne vaut le bord de l’eau et qu’en plus de réussir vos premier lancers, vous sentirez tout de suite ce « toucher » de leurre qui fera de vous un inconditionnel de cette technique…à plus forte raison si, pour couronner le tout un poisson vient récompenser vos efforts.

Vous êtes installé au bord de votre plan d’eau favoris…dans un endroit dégagé…vous pouvez maintenant oublier tout ce que vous saviez sur la façon de lancer un leurre !

Il est primordial d’avoir toujours en tête la façon dont se déroule l’action depuis le moment ou vous amorcez votre geste jusqu’au moment ou le leurre atteint la surface de l’eau.

L’impulsion que vous donnez à votre leurre pour le lancer, additionnée au poids de celui ci va se répercuter sur la bobine du moulinet mais avec un décalage…la bobine est mise en action une fraction de seconde après le leurre et très vite elle donne plus de fil qu’il n’en demande …premier risque de perruque…ensuite les vitesses du leurre et de rotation de la bobine vont se stabiliser puis lorsque le leurre frappera la surface de l’eau et s’arrêtera quasiment, la bobine, elle, toujours en rotation continuera à donner du fil…deuxième et principal risque de perruque !! Gardez ce schéma en mémoire jusqu’à ce que le lancer devienne un automatisme…

Pour limiter le risque de perruques, les fabricants de moulinets ont dotés leurs produits de freins spéciaux. Le premier est dit « d’inertie » et se présente sous la forme d’une molette située à coté du frein de combat (en étoile). Ce frein agit comme une mâchoire sur la bobine est freine la rotation de celle ci principalement en milieu de lancer.
L’embêtant c’est que l’on risque surtout la perruque en début et en fin de lancer…Pour cela, du côté opposé à la manivelle se trouve un frein dit « magnétique » composé de masselottes aimantées qui vont agir en début et en fin de lancer afin de compenser les trop grands écarts de vitesse entre le leurre et la rotation de la bobine.
Le réglages de ces deux freins est une chose qui revêt une grande importance et qui doit être corrigé à chaque fois que vous utilisé un nouveau leurre si celui ci est d’un poids différent du précédent.

Il semble cependant que dame nature dans son infinie sagesse ai su que l’homme se changerait en baitcaster(ou en bête casteuse…) puisqu’elle l’a doté du moyen le plus sûr de contrôler la bobine et de limiter encore plus le risque de backlash (perruque en langage stylé…)…elle lui a donné un pouce !! (bon d’accord…deux !!)

Mon pouce, mon ami

Lui qui ne servait jusque là qu’à gratter d’éventuels tickets de loterie, à presser alternativement la croix puis le carré pour réaliser le une -deux victorieux sur la playstation ou encore à supplier les automobilistes de s’arrêter quand vous êtes à pieds et qu’il tombe des cordes…lui qui n’était relégué qu’à des tâches subalternes, le voilà devenu votre sauveur.

c’est en effet lui qui ,non content de libérer à lui seul le fil en appuyant sur le clutch button (la manette qui fait office de pick up), va vous permettre tour à tour de bloquer la bobine avant de lancer afin que votre leurre ne vienne pas s’écraser sur vos souliers, de freiner cette même bobine régulièrement tout au long du lancer et surtout de la stopper au moment ou votre jig touchera la surface de l’eau avec en prime la possibilité d’amortir l’atterrissage de ce dernier. Il se peut ,en outre, que votre pouce vienne suppléer une défaillance de votre frein de combat et vous permette de sortir le fish d’une vie !
Si j’étais vous je commencerais à choyer cette partie désormais si importante de mon anatomie.

Maintenant que les choses sont plus explicites (à défaut d’être plus claires…) il ne reste qu’un petit réglage à effectuer avant d’envoyer votre nouveau stickbait le long de cet arbre immergé qui vous fait tant fantasmer…

Où placer sa main sur la poignée de la canne pour de meilleure sensations ? A cette question nulle réponse n’est parole d’évangile puisqu’il est possible de tenir sa canne de bien des manières, la meilleure étant celle avec laquelle on est le plus confortable.

Pour ma part je place ma main de façon à caler l’ergot entre le majeur et l’annulaire et non pas sous l’index à la manière d’un cow-boy prêt à presser sur la détente.
Cette position permet d’avoir la main plus haut sur le moulinet avec le pouce légèrement en biais sur la bobine pour un meilleure contrôle de celle ci (plus de surface en contact)…pour qui a de petites mains ce positionnement sur la canne est presque obligatoire.

Certains baitcasters positionnent leur main de manière à littéralement couvrir le moulinet…cette technique offre l’avantage de pouvoir garder un doigt constamment dur le fil juste devant le moulinet lorsque la pêche devient très tactile.

Chang vs Lendl

Le lancer le plus facile à appréhender pour un débutant est le lancer en « coup droit » à la manière d’un service à la cuillère pour un tennisman.
Ne cherchez pas tout de suite la performance de lancer et contentez vous de gestes amples et coulés en évitant les coups secs et les « fouettés » de canne synonymes de perruque immédiate.
Ne perdez pas de vue le « schéma » précédemment cité et pensez à donner l’impulsion à votre leurre sans brusquerie et sans attendre la fin du geste…contrairement au spinning.

L’idéal étant de commencer le baitcasting en compagnie d’un pêcheur rompu à cette technique, il est néanmoins possible de se former seul.
Les maîtres mots étant patience et…patience, vous devriez (après quelques démêlages de perruques sans quoi le baitcasting n’aurait pas la même saveur) en une heure ou deux réussir des lancers respectables et encourageants pour la suite.

La confiance venant avec la pratique vous n’aurez plus qu’à vous essayer ensuite au pitching, skipping et autre flipping et vous aurez alors un sourire malicieux au coins des lèvres en repensant au temps ou vous n’osiez pas franchir le pas de peur de vous embarquer dans une galère…alors que vous vous apprêtiez simplement à pêcher comme jamais vous n’en aviez rêvé !!

Comment pêcher en rivière ?

Des fiches détaillées sur les techniques pour pêcher en rivière. Consultez également des dossiers par espèces de poissons.