Choisir sa canne de pêche à la mouche

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Lancer à une certaine distance et dans une direction précise un leurre qui est essentiellement constitué d’un hameçon entouré de quelques spires de fil et d’une quelconque petite plume, d’un poids pratiquement imperceptible, est la première difficulté que rencontre un pêcheur à la mouche.

Pour obtenir un résultat acceptable, on utilise une soie et une canne aux caractéristiques particulières.

Pour projeter un poids minimum, on emploie des cannes très flexibles, de longueur adaptée, en mesure d’amplifier de façon homogène le mouvement du bras du pêcheur.

D’une manière générale, la canne doit donc développer une action parabolique qui implique le matériel dans toute sa longueur.
La canne à mouche est en général en deux brins, avec des emmanchements qui peuvent être différents selon les modèles et des longueurs qui vont de 1,70 m jusqu’à 2,50 m ou même jusqu’à 3 m dans des cas extrêmes. On a aussi été tenté de fabriquer des cannes à mouche télescopiques, mais les résultats ont été mauvais, étant donné qu’un matériel de ce genre n’a pas la flexibilité nécessaire.

Les matériaux – Comme dans toutes les techniques, le matériau des cannes joue un rôle fondamental.

Dans les années 50, on utilisait des cannes en bambou refendu, matériau préféré encore aujourd’hui par un cercle restreint de passionnés. Ces cannes étaient cependant relativement lourdes, et leur durée de vie était assez limitée, si l’on excepte, bien sûr, les cannes de certains grands spécialistes, au prix très élevé.

On est ensuite passé à la fibre de verra, au Conolon, c’est-à-dire aux fibres coi r posites, et enfin aux fibres de carbone.

L’évolution des matériaux signifie aussi cela: une canne à mouche en carbone ou en matières synthétiques a un poids nettement inférieur à une autre de la même taille, mais en matériau différent; de plus elle offre une résistance, une élasticité et un nerf meilleurs. Toutes ces caractéristiques, jointes à des sections de diamètre plus réduit, se traduisent par une plus grande précision dans le lancer, parce que la canne, la courbure terminée, revient à la position exacte de départ, sans oscillations ou torsions latérales.

Dans les années 90, donc, les cannes à mouche en mesure de donner les meilleurs résultats sont celles réalisées en Kevlar, en amorphous, en boron ou en fibre de céramique, tous matériaux synthétiques qui, en pourcentages différents, sont ajoutés à la fibre de carbone. Ces nouveaux matériaux apportent aussi aux pêcheurs d’énormes qualités. La première est que les cannes à base de fibre de carbone ne se déforment pas, même après de très nombreuses années d’utilisation; la seconde qualité est avant tout pratique : une canne en bambou refendu s’entretient après chaque partie de pêche. Il faut souvent la revernir aux endroits où elle a pu être heurtée par l’hameçon de la mouche artificielle; la pose immédiate de vernis évite aux lamelles de bambou de prendre de l’humidité. Avec le carbone, ce type d’entretien n’a plus lieu d’être. Les matériaux actuels se présentent sous différents aspects selon la fabrication des blanks de canne : certains blanks sont en carbone tissé, d’autres sont en fibres spiralées, enfin d’autres encore sont à fibres unidirectionnelles.

La poignée – Sur une canne à mouche, la poignée est caractéristique : elle est en liège, située au bout du brin de plus grosse section de la canne. Cette poignée est courte (elle ne dépasse pas 35 cm), puisqu’elle n’est destinée qu’à recevoir la main du pêcheur. Elle est terminée par un embout métallique servant de support au moulinet à bobine tournante qui, à la pêche à la mouche, est d’un type particulier, puisqu’il remplit seulement la fonction de réserve de fil. Façonnée en forme de cigare, sur certains modèles, la poignée a un profil anatomique pour l’appui du pouce.

Sur le brin terminé par la poignée, on ne compte qu’un ou deux anneaux (au maximum), pour le passage du fil, car sur cette partie de la canne il faut, en effet, que la soie puisse circuler librement.

Les emmanchements – Ils peuvent être de trois types : dans l’emmanchement spigot, la section la plus grosse diminue et s’amincit jusqu’à entrer parfaitement dans l’autre partie de la canne ; c’est l’emmanchement le plus solide et donc le plus sûr, et aussi celui qui donne la meilleure garantie d’une parfaite continuité du tierçage de la canne. Les autres emmanchements, dit traditionnels, comprennent deux viroles, en général métalliques, se trouvant sur le bout médian, celui de plus grosse section, où s’insère le scion, ou l’inverse.

Les anneaux – Sur la partie de plus faible diamètre qui constitue le scion ou l’élément de tête, les anneaux passefil sont nombreux et rapprochés, de façon à créer une sorte de tunnel où la soie peut glisser sans dispersion et sans relâchement. On compte 10 à 12 anneaux, différents d’une canne à l’autre ; leur forme rappelle les spires des serpents, à un tel point qu’ils sont souvent appelés « snakes » (serpent en anglais). En France on les appelle simplement anneaux serpentiformes. Ils sont très bas et donc proches du blank de la canne, car la soie, bien que mouillée, n’a pas tendance, comme les autres monofilaments, à coller sur la canne. Il est essentiel que les ligatures et le niveau de finition de ces anneaux soient parfaits. Pour les cannes en bambou, les anneaux doivent être ligaturés en correspondance avec le nerf de la matière : s’il n’en est pas ainsi, après une certaine période d’utilisation, la canne se révèle déséquilibrée durant la phase de retour après le lancer ou le faux lancer.

Un autre type d’anneaux est de plus en plus courant sur les cannes à mouche. Si, pour leurs dimensions et pour leur positionnement par rapport au blank de la canne, ils sont très similaires aux anneaux serpentiformes, ils sont en revanche très différents dans leur conception : ce sont de petits anneaux circulaires dont le revêtement intérieur est à base d’oxyde d’alumine. Leur qualité essentielle est leur résistance à l’abrasion, due aux frottements répétés de la soie. On peut estimer que des anneaux de ce type durent quatre à cinq fois plus longtemps que des anneaux serpentiformes en acier chromé.

Choix d’une canne
Le choix d’une canne à mouche est primordial et conditionne la réussite d’une partie de pêche. Plus que dans tout autre domaine, ‘il faut avoir la bonne canne au bon moment. Il faut donc savoir parfaitement choisir son matériel.

L’action – Comme on l’a vu, l’action des cannes à mouche est presque toujours parabolique. Il existe cependant certaines différences et variations dans le type d’action parabolique des cannes.

Il peut s’agir d’une canne parabolique de pointe, dans laquelle l’action parabolique sera plus importante dans la zone du scion, ou bien d’une canne parabolique progressive, travaillant de façon uniforme ; on trouve aussi des cannes paraboliques anglaises, dans lesquelles la flexion maximale se produit au centre.

Autres critères de choix – Lorsqu’il choisit une canne à mouche, le pêcheur doit également tenir compte de différents facteurs qui sont le lieu de pêche où il utilisera le matériel, le genre de pêche qu’il pratiquera et, évidemment, l’espèce de poisson qu’il entend capturer.

Dans cette technique, chaque situation particulière nécessite une canne spécifique parfaitement adaptée ; il n’existe pas de canne à mouche polyvalente, utilisable en toutes circonstances.

Longueur des cannes – L’origine britannique des cannes à mouche fait que les longueurs sont exprimées en pieds (1 pied valant environ 30 cm). Dans les petits cours d’eau, comme les torrents et les ruisseaux riches en obstacles naturels, où l’on ne peut pas faire des lancers supérieurs à 10 ou 15 m, et où il est nécessaire de poser la mouche de façon très légère, on utilise une canne d’environ 6 ou 7 pieds, soit 180 à 210 cm, calibrée pour des soies n° 4 ou n° 5, avec une action parabolique de pointe, pour avoir un lancer rapide sans recul et un ferrage nerveux et immédiat.

Dans les torrents plus grands et dans les rivières pas trop larges, où l’espace et le recul sont quand même suffisants, et où on doit faire des lancers de 20 à 25 m, souvent debout dans l’eau, il faut de préférence une canne d’environ 8 ou 9 pieds, soit 240 à 270 cm, avec une puissance pour des soies allant du n° 5 au n° 7 et avec une action parabolique moyenne afin de pouvoir en exploiter pleinement toute la puissance.

Pour les grandes rivières de plaine et pour les lacs, les cannes peuvent mesurer jusqu’à 12 pieds, soit 360 cm, de préférence équipées d’une poignée à deux mains, c’est-à-dire avec un prolongement de liège au-delà du moulinet pour permettre l’usage de l’autre main au moment du lancer. Ces cannes doivent être calibrées pour des soies jusqu’au n° 11 et avoir une action parabolique totale. Pour certains modèles de cannes à deux mains, le prolongement est amovible, ce qui permet de pêcher à une main certaines espèces « légères » et d’utiliser les deux mains pour des prises plus importantes. Dans le jargon des moucheurs, ce supplément de poignée se nomme « poignée de combat ».

Si vous êtes un moucheur débutant achetez votre matériel chez un spécialiste qui saura toujours vous conseiller avec précision.

Comment pêcher en rivière ?

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