Où pêcher le brochet ?

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En rivière, beaucoup plus qu’en étang, les brochets ont des postes d’affût. Ils ne chassent pas leurs proies en les poursuivant comme les percidés. Au contraire, ils se dissimulent et attendent que passe près d’eux un poisson. Ainsi existe-t-il des postes à brochets que vous devez apprendre à reconnaître et à prospecter.

Pour cela, il vous faut pêcher avec insistance près des bordures d’herbiers, des abords de branchages, dans les anfractuosités et les couloirs entre deux herbiers, partout où le carnassier peut se dissimuler.

En étang, les postes sont moins distincts. Souvent, les brochets se trouvent en pleine eau, mais cela signifie qu’ils sont en petit nombre et doivent se déplacer pour trouver leur nourriture.

Généralités

La pêche du brochet, comme celle de tous les carnassiers, est totalement différente de la pêche au coup. Pas question de tenter le poisson à un endroit que vous avez choisi et amorcé en conséquence. II vous faut, au contraire, aller le chercher là où il se tient, en vous servant au besoin d’un bateau. Contrairement à la carpe, le brochet n’est pas un poisson dont la méfiance est particulièrement acérée. II se prend facilement lorsqu’il chasse. Pour cette raison, les pêcheurs doivent reconnaître les postes où il se tient à l’affût. Peigner l’eau tout au long d’une journée ne rapporte pas grand-chose et fait prendre des « sifflets N ou jeunes brochetons, indignes du panier d’un pêcheur et souvent trop petits pour être gardés. En deuxième catégorie, il n’est possible de conserver un brochet que lorsque celui-ci mesure 50 cm de la tête à la pointe de la queue.

Les postes à brochets évoluent naturellement en fonction des concentrations de poissons dont ils se nourrissent et selon la saison. On sait qu’en hiver, les poissons blancs se rassemblent dans les grands fonds où ils vivent plus ou moins en état d’hibernation. Les carnassiers suivent cette évolution puisque les eaux moins profondes deviennent rapidement vides de poissons. En été par contre, lorsqu’il fait très chaud, les poissons blancs se tiennent à peu près partout sur toute l’étendue de la rivière et de l’étang. Les brochets sont donc plus éparpillés et il faut les chercher avec beaucoup de minutie. II se peut aussi, en étang, que la température de l’eau s’élève audelà de la moyenne estivale et que les poissons blancs se rassemblent aux arrivées d’eau, près des sources plus froides. Les brochets vont donc se concentrer dans ces régions.

Comme on l’a dit au chapitre précédent, les brochets ont un comportement territorial très poussé. II ne faut cependant pas en déduire qu’ils restent toute leur vie à la même place, dans la même cachette et qu’ils n’en bougent pas, tentant de déloger les éventuels candidats. Leurs déplacements sont au contraire très fluctuants. Les brochets suivent les poissons-fourrage et établissent leur territoires en fonction de leur densité. Si bien que des postes intéressants au début de l’été ou en automne peuvent être vides dès qu’il commence à faire très froid.

II se peut aussi que certains jours, les postes à l’ombre donnent de meilleurs résultats que ceux situés au soleil. Le vent a aussi de l’importance. Cela rejoint la constatation précédente, à savoir que les poissons-fourrage se déplacent. Selon la saison et l’humeur, la totalité des brochets ne suivent pas les troupeaux de gardons. Seuls ceux qui sont en appétit sortent ces jours-là. II se peut que les postes situés au soleil aient toujours leur prédateur mais celui-ci ne chasse pas. En matière de pêche, de poissons, et chaque fois qu’on s’adresse à de la matière vivante, il ne faut surtout pas affirmer trop catégoriquement ce qui n’est qu’une tendance générale. Les poissons sont des animaux : au sein de la même espèce, il peut y avoir des comportements qui diffèrent d’un individu à l’autre.

Les jours fastes !

Les meilleures journées pour pécher le brochet sont ces petites journées de décembre où il fait très froid et où le ciel dégagé laisse apparaître un soleil qui ne réussit pas à réchauffer les membres: Pour que les poissons soient très affamés, il suffit que le baromètre soit suffisamment bas pour ne pas laisser présager un réchauffement rapide.

En rivière

Bien évidemment, les postes de rivière et d’étang se ressemblent. Pourtant, il semble que le pêcheur devrait commencer par l’eau courante où les obstacles, les différences de courant et les amortis se repèrent aisément. En étang, la méconnaissance du fond et des branchages immergés rend la prospection plus difficile.

On le sait, le brochet ne poursuit pas ses proies. II les attend embusqué, immobile, la tête haute (l’inverse étant la position du brochet au repos).

En bordure

Les postes de bordure sont souvent les meilleurs en saison, lorsque le fretin et les poissons plus gros se tiennent près des berges où se trouve la plus grande partie de la nourriture. Mais chercher le brochet, c’est un peu comme rechercher le loup en repérant les moutons. II est bien rare lorqu’une troupe d’ablettes ou de vandoises est en train de patrouiller et de piocher sa nourriture en surface qu’il n’y ait pas quelque brochet en train d’attendre le moment favorable d’en happer une au passage. Prospecter donc les abords du banc, en raclant le plus près possible les berges, les anfractuosités et les bordures de courant, où le carnassier se tient à l’affût, totalement immobile, ne montrant son intérêt que par un léger frétillement des nageoires pectorales. Le brochet peut être présent sans que vous ne remarquiez de mouvements de poissons-fourrage. Pour cette raison, vous devez prospecter systématiquement les postes, sans en oublier le moindre recoin.

Les amortis sont toujours très bons. Un courant butte contre un obstacle et se partage en laissant derrière lui un coin d’eau calme. C’est là, entre le rapide et le lent qu’il vous faut chercher le carnassier en insistant toujours très près de l’obstacle. Pour le décider, il faut parfois lui chatouiller les babines. Cela ne l’empêche pas, selon son humeur, de suivre le poisson mort ou la cuillère sur plusieurs mètres avant de l’attaquer ou de l’abandonner. Cependant, le brochet, à qui les pêcheurs prêtent improprement une perpétuelle mauvaise humeur, se lasse toujours le premier à ce jeu et finit souvent par mordre. II faut donc que vous insistiez longuement, lorsque le poste paraît occupé et que votre < instinct » de pêcheur vous dit qu’il faut persévérer. Un brochet non affamé, peu mordeur, complètement endormi la tête en bas, finit parfois par réagir à des sollicitations répétées.

L’amas de branches

Un amas de branches dans le lit de la rivière, un arbre couché en travers constituent des postes de grande qualité. La souche d’un arbre coupé et déplacé dans le lit, tout ceci est à prospecter minutieusement. Le brochet semble apprécier le bois mort. On ne sait trop pourquoi, cependant, il apparaît à l’usage que ces postes sont presque toujours les meilleurs. Prospectez les bordures naturellement, et parfois l’eau vive qui contourne l’obstacle, car le brochet en retrait surveille à cet endroit les vandoises ou d’autres blanchailles qui se tiennent de préférence dans le courant. II se peut au contraire que la touche ait lieu derrière les branches dans l’amorti, parfois à l’intérieur même de l’amas où se dissimule le poisson. Malheureusement, ce n’est pas toujours possible d’explorer cette zone avec des moyens classiques. Les branchiers immergés que l’on « survole » en bateau peuvent être explorés en dandinette et selon une technique dont nous reparlerons.

Les souches sont des postes de premier choix. Elles peuvent se trouver en bordure ou carrément immergées. II faut vous arranger pour que le leurre ou le poisson mort aille les lécher le plus près possible et de préférence à l’endroit où elles se prêtent le mieux à la dissimulation d’un beau poisson immobile, attentif à ce qui se passe autour de lui.

Les herbiers

En rivière, l’herbier est aussi un poste très intéressant puisque le brochet peut s’y dissimuler, et que les poissons blancs trouvent autour de ces c pâturages » des quantités de petits animaux dont ils se nourrissent. Prospectez donc minutieusement, surtout en été et au début de l’automne, les bordures d’herbiers, côté courant et certains jours côté eau dormante. Chaque fois qu’un chemin d’eau traverse une masse végétale, les chances de touches sont très importantes si vous pouvez l’explorer correctement.

Les eaux dormantes

II existe dans les grandes rivières de deuxième catégorie des zones sans courant, des lisses (surfaces non ridées), des profonds, des calmes naturels ou parfois artificiels à la suite de mini-barrages destinés aux activités humaines.

Ces calmes, en été, sont fréquentés par beaucoup de poissons qui y trouvent une eau profonde, moins chaude et riche en nourriture. Le brochet s’y trouve aussi. II est beaucoup moins effilé qu’en rivière courante, plus ventru, plus tranquille, plus gros aussi. Cherchez-le partout, en commençant par les bordures, près des rares obstacles, et insistez.

Ces postes évoluent tout au long de la saison. A l’ouverture en juin, les carnassiers se tiennent près des herbiers où les poissons blancs finissent de frayer. Dès qu’arrivent août et les grandes chaleurs, la plupart du temps, seuls les postes d’ombre sous les branches basses, donnent de bons résultats. Souvent, les carnassiers, un peu à la manière des lions, ne chassent que le soir très tard et le matin très tôt avant la montée de la chaleur.

Dès qu’arrivent les premières gelées, les poissons blancs se rassemblent dans les fonds. Les carnassiers les suivent de près et c’est là qu’il faut tendre vos lignes à vif et promener vos poissons morts.

Pourtant de la même espèce !

On trouve dans nos rivières et nos étangs deux formes de brochets qui sont pourtant de la même espèce. Ceux qui vivent en plan d’eau et en étangs sont courts et gros; ceux qui vivent en rivière sont beaucoup plus effilés et capables de vaincre des courants moyens. Ces poissons, qui peuvent vivre une dizaine d’années, ont un pouvoir d’adaptation beaucoup plus étendu qu’on ne l’a cru pendant longtemps : leur régime alimentaire peut très bien s’adapter à la quête des larves aquatiques, comme la perche ou la truite. La croissance en est cependant singulièrement ralentie.

En étang

II existe plusieurs sortes d’étangs, ceux qui ont une surface relativement réduite et qui peuvent être méthodiquement prospectés en une partie de pêche et d’autres, immenses lacs de plusieurs centaines d’hectares, lacs de retenues EDF d’une grande richesse piscicole. Ces derniers sont très grands et souvent très profonds. Ils ont été construits sur des terres agricoles, des haies vives immergées, des bois entiers non arrachés. Des taillis persistent sur ces fonds pouvant dépasser dix mètres. Ce sont autant de postes à brochets qu’il vous faut prospecter avec minutie et dans lesquels vous risquez malheureusement de laisser pas mal de cuillères ou de montures.

Les petits étangs

Ceux-ci ne posent pas de gros problèmes de recherche. S’il fait chaud, les brochets et les poissons blancs se rapprochent des arrivées d’eau ou de l’ombre. Vous pouvez parfois les voir dormir sous l’eau, immobiles comme des morceaux de bois. Cela peut signifier qu’ils chassent. Vous pouvez aussi repérer leur présence lorsqu’ils attaquent un banc de petits poissons. Ceux-ci giclent en surface. Au milieu du remous et des poissons affolés, la queue du brochet frappe l’eau.

En dehors de ces chasses apparentes, prospectez les bordures avec beaucoup de soin en allant vers le large, les zones d’ombre lorsqu’il fait chaud, les abords d’herbiers ou de nénuphars. Insistez et lancez plusieurs fois la ligne dans la même direction, en cherchant le poisson à des niveaux différents. II se peut que le brochet chasse sur le fond, entre deux eaux et souvent en été, presque sous la surface…

Les grands lacs

Les grands lacs de barrages EDF ont toujours une bonne réputation mais pas mal de pêcheurs en reviennent déçus : pas moyen de s’y retrouver dans une telle immensité. C’est vrai que les obstacles sont difficiles à repérer, qu’on a beaucoup de mal à cerner les postes, et souvent les plus rentables se trouvent sous dix mètres d’eau ou plus. La recherche des poissons de la berge est souvent aléatoire et rien ne vaut alors une bonne barque qui permet d’aller discrètement partout.

Dans ces lacs, profitez d’une vidange d’entretien pour réaliser quelques clichés du fond. Vous vous souviendrez ainsi avec précision de l’emplacement des obstacles. Prenez-les sous plusieurs angles. Ils vous permettront de repérer la berge, et les points de visée, qui seront toujours là une fois le lac de nouveau en eau. C’est un formidable moyen de gagner du temps et d’économiser des montures.

Les postes, dans une telle quantité d’eau, évoluent en fonction de la saison, du temps et de la température. II faut vous baser sur des endroits traditionnels : obstacles immergés, souches, branchages, haies noyées, parois rocheuses abruptes descendant souvent à plus de dix mètres. Les plages, où le fond croît lentement sans obstacles, ne sont pas toujours à dédaigner : il se peut qu’à la place des « sifflets » indignes du panier d’un pêcheur, vous y preniez de fort beaux poissons. Mais ce ne sont pas les postes à fouiller en priorité.

Avec la saison et le temps, les postes évoluent considérablement, beaucoup plus qu’en rivière. D’un jour à l’autre, les poissons ne chassent plus aux même endroits. II faut donc les chercher un peu partout en sélectionnant des places caractéristiques, soleil, ombre, branchages, parois rocheuses. Dans ce sens, l’expérience est un formidable atout et la connaissance des lieux donne naturellement un très grand avantage.

Chaque fois qu’il fait très chaud, pensez à prospecter les postes situés aux arrivées d’eau abrités sous les branches basses et inversement. En plein été, le poisson peut être partout. II faut que vous attachiez beaucoup de soins aux différences de niveau, aux fonds qui s’infléchissent brusquement, aux parois rocheuses. N’hésitez pas à prospecter la couche d’eau, d’abord au fond, puis au milieu, et au fond pour finir, en effectuant plusieurs lancers. La réussite ne peut venir que si vous y croyez. On ne prend pas autant de brochets que de gardons. Seule la foi dans la réussite finale permet de donner au centième coup de ligne la même ferveur qu’au premier. C’est à ce prix que vous réussirez.

Lacs de barrage : avantages et inconvénients

Dans les lacs de barrage hydraulique, les constantes variations du niveau d’eau empêchent les brochets de se reproduire. Ceux qui y vivent ont souvent été apportés sous forme d’alevins par les pêcheurs. On peut cependant obtenir une reproduction naturelle en disposant des frayères flottantes, qui serviront tour à tour aux carnassiers et aux poissons blancs.

Comment pêcher en rivière ?

Des fiches détaillées sur les techniques pour pêcher en rivière. Consultez également des dossiers par espèces de poissons.