La pêche au lancer

Techniques de pêche Commentaires fermés

Avant toute chose, il est bon de rappeler que la technique de pêche au lancer englobe des actions de pêche très différentes selon que l’on pêche en ultra-léger ou en lourd. Les leurres utilisés, les gestes, les espèces recherchées sort différents. Il en est de même pour les types de cours d’eau qui, eux aussi, déterminent la technique de lancer à utiliser. Ces pages seront consacrées au lancer ultra-léger, ce qui répond à la tendance actuelle, qui veut qu~on pêche de plus en plus « fin ».

Le lancer ultra-léger

Le lancer ultra-léger utilise un matériel à action de pointe, d’une puissance très faible, de 0,5 à 2 g, un fil du 10 au 14/100 et des leurres de 0,5 à 2 g. Il se -pratique « en rapproché » (les lancers se faisant souvent sur quelque mètres seulement) principalement dans les ruisseaux étroits et dans les torrents. Ces cours d’eau sont fréquemment recouverts par une voûte de feuillage ; leur lit étroit est souvent très encombré.
L’important est ici de lancer avec une grande précision, entre deux cailloux, à ras d’une souche, etc., endroits où le degré de précision est extrême, le leurre devant retomber à quelques centimètres près. Dans les pièces d’eau, les lancers sont également assez courts (6 à 10 m au maximum); leur précision permet de « travailler » les bancs de nénuphars ou de roseaux, en les rasant de très près pour s’approcher au mieux des postes supposés abriter 1e poisson convoité.

Cette proximité du pêcheur et des espèces recherchées pose un problème important : l’invisibilité du pêcheur à l’oeil du poisson.

Le pêcheur doit en effet se fondre dans le décor. Pour cela, il y a plusieurs moyens: progresser en se tenant le plus bas possible par rapport au niveau de l’eau, afin de profiter au maximum de la réfraction sur la surface (la vue du poisson est alors limitée par ce phénomène physique) ; s’habiller dans des tons qui se confndent avec la verdure environnante ; enfin, lancer « masqué », c’est-à dire en se cachant derrière un obstacle, tronc d’arbre ou rocher par exemple, toutes les fois que cela est possible.

Si l’on pêche en « wading« , c’est-à-dire en marchant dans l’eau, i1 faut lancer sur la cuvette ou sur les courants qui vous-précèdent. Ne perdez pas votre temps à lancer dans la cuvette où vous vous trouvez : les ondes provoquées par votre déplacement ont fait fuir depuis longtemps les poissons qui s’y trouvaient.

Où lancer ?

Tout dépend, d’abord, de l’espèce recherchée et du type de leurre utilisé. Au lancer ultra-léger les espèces pêchables sont en nombre limité d’abord, et avant tout, les salmonidés, comme la truite fario et la truite arc-en-ciel, mais aussi l’omble de fontaine, et les carnassiers comme la perche.
Les salmonidés-ont toujours la tête dans le courant. On les pêche donc le plus souvent en lançant le leurre en amont, c’est-à-dire vers la source du ruisseau ou du torrent.

Il peut arriver toutefois que l’accès de certaines portions du cours d’eau soit très difficile (gorges trop resserrées, buissons tellement touffus qu’on ne peut les traverser, etc.). Dans ce cas, on contourne ce type d’obstacle et on est forcé de pêcher en lançant le leurre en aval. L’effet de surprise est malheureusement souvent raté.

Pour les carnassiers cités plus haut, on lance indifféremment amont ou aval, la précision du lancer sur les postes de ces poissons étant ici l’élément essentiel. Ces espèces vivent dans des ruisseaux plus larges que ceux des salmonidés, avec des courants plus lents : elles se développent aussi le plus souvent dans des pièces d’eau où la notion amont aval est sans objet.

Savoir lire son parcours

La plupart des pêcheurs se précipitent, pour être au plus vite en position d’action de pêche. Il est préférable de prendre son temps et de se promener un peu en remontant le ruisseau, toujours, bien sûr, en se cachant. Cette observation vous permettra de comprendre le parcours et de localiser les postes, surtout si les berges sont un peu surélevées. -Notez toutes les possibilités offertes par le cours d’eau: cavités sous les berges, obstacles dans le lit seront autant de postes potentiels, dont l’approche devra se faire le plus discrètement possible. Cette observation vous permettra aussi de discerner les différentes couleurs de l’eau (un bon pêcheur doit savoir « lire » l’eau qu’il pêche).

La couleur de l’eau

Chaque couleur a une signification. Une eau cristalline, où l’on voit le fond, est à coup sûr peu profonde (il arrive qu’on puisse y voir le poisson). Une eau verte indique une bonne profondeur, une eau bleu foncé une profondeur importante ; dans ces deux cas, il est probable que l’eau abrite des postes à truites.

Éviter les obstacles

Votre parcours de reconnaissance vous permettra de prévoir d’éventuels détours, pour, par exemple, éviter une portion encombrée de végétation infranchissable. Ii vous donnera l’occasion d’analyser la nature même des berges, et vous évitera-de la faire ébouler sous vos bottes (ce qui vous obligerait à renoncer à pêcher une bonne centaine de mètres de rivière).

Lancer amont – Dans les ruisseaux, pêchez toujours amont, ou 3/4 amont. Utilisez de préférence des cuillers tournantes n° 0 ou n° 1, que vous récupérerez à une vitesse suffisante pour qu’elles nagent à mi-hauteur d’eau ou juste dans la nappe, c’est-à-dire, immédiatement sous la surface.
Si vous constatez des gobages de truites en nombre intéressant, prenez une cuiller mouche n° 1 ou n° 2 qui devra, elle, impérativement-pêcher dans la nappe.

En présence d’un pool assez long, faisant suite à une petite cascade, n’hésitez pas à lancer dans le courant au-dessus de la cascade en ramenant à la même vitesse que le courant pour ne pas accrocher-votre cuiller. Dans ce type de pool il -y a souvent plusieurs truites les unes derrière les autres : la plus petite est à la queue du pool, juste devant vous, mais la plus belle est en tête du pool, juste au pied de la petite chute d’eau, et elle aura la primeur de la cuiller. Ce type de truite bondit même sur une cuiller qui tourne mal, juste au moment où elle tombe de la chute d’eau. On peut aussi utiliser de très petits poissons nageurs plongeants (il est malheureusement difficile d’en trouver de moins de 5 cm).

Lancer aval – Lorsque vous ne pouvez pas passer dans l’eau parce que la profondeur est devenue trop grande, et qu’il vous semble que la portion non pêchable peut recéler de belles pièces, vous pouvez exceptionnellement lancer aval.

Une fois arrivé en-amont de cette portion en vous cachant, laissez partir dans le courant un petit poisson rageur flottant; laissez-le dépasser le poste supposé le plus aval, puis moulinez doucement en marquant même de petits arrêts. Ainsi vous pourrez prospecter votre ruisseau sans négliger la moindre portion, car c’est peut-être là qu’est votre truite fario.

Le lancer léger

Grace à un matériel peu encombrant, le pécheur au lancer léger peut se déplacer facilement et pratiquer une pêche sportive très agréable. C’est la nature même du matériel qui détermine ici la technique. Il est donc essentiel de bien connaître les différents éléments qui composent l’équipement du pêcheur au lancer léger.

Le matériel

0n utilise une canne à lancer d’une puissance de 2 à 12 g et des leurres de 2 à à g au maximum (poids du surplombage éventuel compris). Le moulinet, d’un type léger, pesant de 220 à 300 g, doit pouvoir contenir 150 m de fil. Les diamètres de fil utilisables pour cette technique vont du 16/100, pour un leurre de 2 g, au 22/100, pour un leurre de 8 g. Le respect de ces normes vous assurera l’équilibre nécessaire pour pécher confortablement, avec la précision voulue pour réaliser vos captures. Il ne faut pas oublier de vous munir d’une épuisette, d’une boîte garnie de différents types de leurres et d’une pince multi- usages.

Le domaine du lancer léger

Le domaine où l’on peut pêcher au lancer léger est vaste, en raison de la variété des eaux où l’on peut le pratiquer et du grand nombre d’espèces que l’on peut pêcher avec cette technique. Le lancer léger peut se pratiquer dans toutes les pièces d’eau : lacs naturels, lacs de retenue et étangs. Si ces pièces d’eau ne sont pas trop profondes, le lancer peut s’opérer dans toutes les directions ; si, en revanche, elles sont très profondes, on travaillera sur les bords, presque parallèlement à ceux-ci, surtout si les berges ont une forte déclivité. S’agissant des cours d’eau, on peut pêcher au lancer léger dans les torrents, les rivières moyennes et même les grandes rivières de plaine.

Comme pour le lancer ultra-léger on devra souvent entrer dans l’eau pour mieux ouvrir ses angles de lancer, surtout si les berges sont encombrées.

Pour cette technique, le pêcheur se déplace beaucoup (on parle de ce fait de pêche ambulatoire), ce qui lui vaut souvent de parcourir dé bonnes distances durant sa partie de pêche; il ne doit donc pas se surcharger de matériel. Une petite musette ou une veste avec carnier suffisent amplement. Dans la majorité des cas, il est bon d’être équipé de cuissardes, puisqu’il est souvent nécessaire d’entrer dans l’eau ou de traverser -des cours d’eau.

Lorsque vous achetez des cuissardes, veillez à vous renseigner sur leur poids (ou à les faire peser), car des modèles trop lourds vous fatigueront rapidement. 11 n’y a guère qu’en montagne que l’or. peut se contenter de bottes ordinaires ou de bonnes chaussures de marche, les occasions d’y entrer dans l’eau étant rares. On arrive toujours à traverser un torrent en passant sur les rochers.

On n’insiste jamais assez sur le confort : un pêcheur handicapé par une gêne quelconque perd une partie de sa concentration.

Le lancer mi-lourd

Le matériel utilisé pour cette technique est, par définition, plus lourd et plus puissant que pour le lancer léger. La canne à lancer, d’une longueur de 2,20 m à 2,70 m, doit correspondre à une puissance de 10 à 25 g. Le porte-moulinet le plus adapté est un modèle à vis avec contre-écrou, ce qui permet de bien serrer le pied du moulinet et de le bloquer afin qu’il ne bouge absolument pas durant la phase de capture, alors qu’il subit de très grosses tensions.

L’action de la canne doit être parabolique pour assurer des lancers souples et « moelleux », afin que le leurre ne frappe pas trop fort la surface de l’eau, ce qui mettrait en alerte les poissons se trouvant-à proximité du point de chute. Il est d’ailleurs recommandé de contrôler la course du leurre en freinant le fil avec le doigt., de façon à amortir le plus possible l’impact sur l’eau.

Le moulinet, d’un poids de 350 à 450 g, doit contenir 200 m de fil de 22 à 35/100 de diamètre.

Un fil de couleur fluorescente est plus facile à suivre car il permet au pêcheur de mieux en contrôler la trajectoire durant la récupération et de faire passer ainsi le leurre plus près des postes.

Les leurres, de 10 à 25 g, peuvent être accrochés à un émerillon ; le poids de ce dernier aura moins d’influence et exercera moins de contrainte que s’il s’agissait d’un leurre léger (de 2 à 10 g). Le lancer mi-lourd a évidemment pour principal avantage de permettre des lancers très longs, indispensables dans certaines eaux. Si le lancer léger est la technique à utiliser dans les ruisseaux, torrents et petites rivières de régions montagneuses ou vallonnées, le lancer mi-lourd se pratique avant tout en plaine, là où les rivières sont larges et à courants plus lents. Cette technique s’utilise aussi dans les grandes pièces d’eau naturelles ou artificielles.

Conditions de pêche

Le lancer mi-lourd impose souvent d’entrer dans l’eau pour ouvrir l’angle de -lancer et être mieux « à sa main » pour viser un poste.

Il se pratique aussi bien en amont qu’en aval ; tout dépend de la façon dont se conduit le poisson recherché ou du meilleur emplacement que peut trouver le pêcheur par rapport à la position d’un poste et à la trajectoire qu’il veut donner à son leurre.

Le pêcheur doit souvent se déplacer le long des berges et quand il doit rentrer dans l’eau il lui faut des cuissardes, ou mieux un pantalon de pêche (un « wader »; car le fond est ici-généralement bien plus important que dans un ruisseau, où de bonnes bottes suffisent souvent. On trouve maintenant des pantalons de pêche en matériaux très légers, comme le Néoprène, qui offrent un très bon confort. Ainsi équipé, le pêcheur ne risque pas de se mouiller, ce qui peut arriver en revanche avec des cuissardes. La taille des poissons que l’on peut trouver-dans les grandes rivières de plaine justifie pleinement le recours à la technique du lancer mi-lourd. Certaines espèces, pêchables ailleurs au lancer léger, doivent alors être cherchées plus loin de la berge, en raison de la largeur souvent importante du lit des rivières de plaine. Parmi les espèces qu’on y rencontre, citons la truite fario qui, dans ce type d’eau, atteint parfois des tailles telles que le lancer mi-lourd se justifie doublement.

Enfin, autre exemple, le chevesne, toujours méfiant, préfère se tenir au milieu des rivières, ce qui nécessite des lancers parfois très longs. On en trouve de 3 ou 4 kg et plus.

La distance nécessaire -pour lancer et la taille de ces espèces justifient donc Pleinement l’usage de la technique du lancer mi-lourd, que certains pêcheurs considèrent à tort comme une technique bâtarde.

Il faut aussi prendre en considération la profondeur du lit de ces rivières de plaine. La partie centrale dépasse souvent plusieurs mètres de hauteur d’eau et c’est souvent là qu’il faut faire travailler son leurre, surtout à la période où les eaux sont froides. Cela implique d’utiliser un sur-plombage et permet ainsi d’employer une cuiller n° 2 ou un poisson nageur de 50 à 70 mm. Ces tailles correspondant à des leurres artificiels utilisés au lancer léger, il est donc courant de capturer des poissons que l’on pêche ordinairement avec ce type de matériel, comme les perches

Certains pêcheurs peuvent aussi être surpris de prendre à la cuiller, et par la gueule, de très gros rotengles. Qu’ils n’en soient pas étonnés : ces poissons attaquent aussi une cuiller tournante.

Le lancer lourd

Le lancer lourd, c’est avant tout la pêche au « gros ». Pour beaucoup de pêcheurs, c’est l’occasion de se mesurer avec les plus gros et les plus puissants des poissons d’eau douce en utilisant une technique sportive qui n’autorise pas la moindre erreur.

Le matériel

Le matériel doit être parfaitement adapté : une canne d’une puissance de 30 à 100 g, à action parabolique, longue de 2,60 à 3,30 m pour qu’elle remplisse la fonction d’amortisseur durant la lutte ; un moulinet pesant au maximum 650 g et pouvant contenir de 250 à 300 m de fil de 50/100 de diamètre. Il faut toujours avoir présent à l’esprit qu’au lancer lourd la « bête » piquée peut peser plus de 20 kg et qu’elle vous prendra facilement de 100 à 200 rn de fil sur un démarrage; il faudra alors « laisser faire », pour ne pas voir le fil casser.

La puissance de la canne doit correspondre aussi -aux poids des leurres lancés. Selon les espèces recherchées et la violence des courants pêchés, les leurres pèsent de 30 à 60 g. Avec de tels poids, il est rare d’être obligé de surplomber. En effet, la lenteur de la récupération suffit à abaisser la trajectoire du leurre.

Le pêcheur au lancer lourd doit avant tout savoir faire -preuve de patience, attendre-et ne pas ramener une prise en force, savoir la fatiguer, l’amener calmement et se méfier de la dernière réaction ou du dernier démarrage. La condition physique du pêcheur compte aussi beaucoup, car il lui faudra lancer plus de deux cents fois de suite des leurres de 50 à 80 g, ce qui demande d’excellents bras.

Les leurres doivent, bien sûr, être choisis en fonction du poisson recherché. La taille des leurres est évidemment en rapport avec celle des captures possible.

On constate cependant que les pêcheurs hésitent souvent à acheter de grands leurres ; c’est une erreur car plus le leurre est volumineux, plus grosse sera la prise ; un, silure de 2 m ne s’intéressera pas à une cuiller ondulante de 50 mm; en revanche, un brochet modeste, par exemple de 80 cm, fera tout pour « capturer » une cuiller ondulante de 150 mm.

Pour les gros brochets la taille minimale des cuillers tournantes est le n° 5 ; pour ces mêmes poissons, on utilise des poissons nageurs plongeants d’au moins 110 mm de long; pour le silure, ils doivent mesurer de 130 à 160 mm.

Pour les cuillers ondulantes; on prend en compte deux critères: le poids et la longueur. Pour les gros brochets, les cuillers ondulantes conseillées mesurent de 100 à 120 mm et pèsent de 30 à 40 g. Enfin, pour le silure, elles peuvent atteindre une taille exceptionnelle, de 200 à 250 mm pour un poids de 70 à 100 g.

Quand on pêche des poissons d’aussi grandes dimensions, il est souvent nécessaire de relier le leurre au fil par l’intermédiaire d’un avançon résistant aux dents de ces « monstres ». Cet avançon peut-être une tresse d’acier, ou mieux, un fil de Kevlar, matériau présentant de nets avantages par rapport à l’acier : à diamètre égal, il est au moins trois fois plus résistant et dix fois plus souple. Les dents les plus coupantes sont bien sûr celles des gros brochets. Pour les silures, le problème est différent; ils ne possèdent pas de dents aussi grandes et aussi pointues que celles des brochets, mais un grand nombre de petites dents très dures, disposées sur plusieurs rangs. Durant la lutte, ces dents agissent-comme une lime et parviennent ainsi à user des fils de très gros diamètre.

Comment pêcher en rivière ?

Des fiches détaillées sur les techniques pour pêcher en rivière. Consultez également des dossiers par espèces de poissons.